Dégazages et déballastages représentent 20 Prestige ou 75 Erika par an
AFP - 16 janvier 2003


PARIS (AFP), le 16-01-2003 La pollution des dégazages et déballastages sauvages en Méditerranée représente "20 Prestige" ou "75 Erika par an": 1,5 million de tonnes à comparer avec les 20.000 tonnes déversées par l'Erika en 1999 et les 77.000 tonnes transportées par le Prestige, selon un rapport publié jeudi par le WWF.

L'association écologiste détaille les rejets par "déballastage" et "dégazage", souvent confondus dans le langage courant. Les déballastages sont produits essentiellement par les pétroliers. Une fois sa cargaison déchargée, le pétrolier doit "ballaster": remplir d'eau de mer ses cuves pour assurer sa stabilité. Lorsqu'il se prépare de nouveau à charger, il vide ses cuves de l'eau de mer souillée qu'elles contiennent: ce "déballastage" doit théoriquement avoir lieu dans les installations portuaires mais est souvent fait en mer pour des raisons d'économie. 500.000 tonnes sont ainsi déversées illégalement chaque année en Méditerranée selon le WWF.

A cela, il faut ajouter les "dégazages": rejets d'huiles de vidange et de résidus de fioul des moteurs, qui sont stockés à bord et illégalement vidés en mer, soit 1 million de tonnes par an selon le WWF (dans une fourchette de 0,7 à 1,3 million de tonnes).

Le WWF a croisé trois études officielles sur le trafic maritime et les rejets d'hydrocarbures. L'association souligne que quelle que soit la méthode d'analyse, la pollution par dégazage représente "50 Erika et 15 Prestige par an".

Ces pollutions "de routine", moins spectaculaires que celles des marées noires qui concentrent des nappes gluantes sur les plages, sont tout aussi dommageables pour les milieux marins, d'autant que la Méditerranée est une mer quasi fermée. "Elles sont quantifiables et parfaitement évitables", plaide le WWF.

Pour Laurent Debas du WWF, la création d'une Zone de protection écologique en Méditerranée annoncée jeudi par le gouvernement est "une bonne nouvelle, pourvu que les moyens suivent en bateaux, en avions et en juges!"

La solution la plus efficace serait selon lui d'intégrer le coût d'élimination des résidus dans la taxe portuaire acquittée par les navires: ils n'auraient alors plus aucun intérêt à s'en débarrasser en mer.

Le rapport du WWF est disponible sur internet: www.wwf.fr

 

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