France: accord entre mairie de Paris et opérateurs de téléphonie mobile
AFP - 14 février 2003

PARIS, 14 fév (AFP) - Paris et les opérateurs de téléphonie mobile Orange, SFR et Bouygues Télécom, sont parvenus à un accord sur le réseau d'antennes-relais, prévoyant des seuils d'exposition du public à leurs émissions de 20 à 40 fois inférieurs aux normes légales, a annoncé vendredi la mairie.

Ces négociations devant aboutir à une charte de bonne conduite des opérateurs avaient été lancées en juillet et achoppaient notamment sur la notion de seuil d'exposition.

Ce seuil sera fixé, dans le document qui devrait être signé dans quinze jours au plus tard entre Bertrand Delanoë et les représentants de industriels de la téléphonie mobile, à un niveau compris entre 1,2 et 2,5 volts par mètre, ont annoncé lors d'une point de presse les trois adjoints en charge du dossier.

Il s'agit de MM. Yves Contassot (Environnement, Vert), Christian Sautter (Finances, PS) et Alain Lhostis (Santé, PCF) qui ont mené les négociations.

Le décret gouvernemental du 5 mai 2002 fixe pour ces seuils une fourchette de 41 à 58 v/m.

"Notre accord aura valeur de référence pour de nombreuses villes françaises et étrangères", a déclaré M. Contassot, tandis que des associations de défense Priartem et Agir pour l'environnement parlaient "d'énorme avancée".

Jean-Noël Tronc, d'Orange mais parlant au nom de l'Association Française des opérateurs de téléphonie mobile (AFOM) qui réunit les trois groupes, a qualifié la réunion de vendredi d'"d'extrêmement positive".

"Il y a eu de notre part un changement de pied", a-t-il admis, en faisant part d'une prise de conscience, chez les industriels, de "la nécessité de rassurer une opinion publique dont l'inquiétude réelle s'est nourrie d'une information insuffisante".

Il faut dire, a-t-il plaidé, qu'"en dix ans, on est passé de rien à 98% de couverture en téléphonie mobile".

L'accord porte sur trois principes, ont indiqué les élus parisiens.

D'abord l'information et la transparence. Une commission de concertation composée de services de la Ville et des opérateurs se réunira régulièrement pour étudier les installations existantes (entre 1.000 et 1.500 sites équipés d'antennes-relais à Paris) et celles à venir, notamment pour la téléphonie de troisième génération UMTS. Deux réunions par an auront lieu aussi dans chaque arrondissement.

Ensuite la "maîtrise des champs d'exposition" avec, sur la base de mesures de l'Agence nationale des Fréquences, une "valeur de référence" au-delà de laquelle les opérateurs s'engagent à prendre des mesures correctives.

Enfin l'intégration des antennes fera l'objet d'efforts particuliers pour assurer le respect du patrimoine et des paysages.

Les partenaires se reverront mercredi pour affiner des points techniques. Le maire Delanoë devrait faire une communication sur cet accord, qui concerne le réseau le plus dense de France, au prochain Conseil de Paris le 24 février.

 

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