Lettre ouverte aux Présidents de l'ART et de l'INERIS
ANTENNES RELAIS : Quand l'irresponsabilité rencontre la complaisance scientifique…!
Agir pour l'Environnement - Priartem


L'Etude* réalisée par l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS) pour l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) réalisée par l'incontournable René de Sèze marque l'avènement de l'irresponsabilité dans le domaine de la téléphonie mobile.

Les associations œuvrant pour une application effective du principe de précaution à proximité des antennes relais de téléphonie mobile sont extrêmement choquées par les affirmations répétées contenues dans ce rapport. Les auteurs n'ont aucun scrupule à affirmer que " la grande majorité des études publiées à ce jour sur un risque pour la santé des champs électromagnétiques de la téléphonie mobile, que ce soit pour les terminaux ou par les antennes, sont rassurantes ". Bien que de nombreuses études étrangères relèvent régulièrement des risques potentiels pour la santé, bien que la réplication de l'étude de Madeleine Bastide n'ait pas encore permis de lever tous les doutes subsistant quant aux taux anormalement élevés de décès d'ambrions de poulet soumis à des rayonnements pulsés, René de Sèze et Bernard Veyret s'obstinent à occulter les conséquences sanitaires de la téléphonie mobile !

Leur omniprésence dans les organismes décisionnels ne favorise pas l'impartialité de l'analyse. Pour mémoire, ces deux "chercheurs" ont participé à la rédaction du Rapport Zmirou, au Rapport de l'OPECST, au Rapport de l'ART, ont répondu à la sollicitation de Orange en rédigeant un article dans " Impact Médecine ", participent actuellement à la rédaction du Rapport de l'AFSEE... Outre cette suractivité rédactionnelle, René De Sèze et Bernard Veyret participent aussi aux travaux de l'ICNIRP, Institut international de droit privée. L'ICNIRP préconise des seuils d'exposition du public aux champs électromagnétiques très élevés et ceux-ci ont été repris dans une recommandation européenne que la France s'est empressée de transposer par le biais d'un décret de circonstance. Ces seuils permettent d'implanter une antenne relais à 3 mètres dans l'axe du rayonnement d'une crèche, d'une école ou d'une hôpital !

Alors que les sociétés de réassurance ont reconnu publiquement l'existence d'un risque en excluant de leur contrat tous risques pour la santé liés aux champs électromagnétiques, le rapport de l'ART n'est pas plus rassurant. Ainsi, la page consacrée aux Avertissements indique que " la méthodologie utilisée et les résultats obtenus sont de la seule responsabilité de la société INERIS et n'engagent pas l'Autorité. " La page suivante consacrée au Préambule renforce le malaise puisqu'elle indique que " la responsabilité de l'INERIS ne pourra être engagée si les informations qui lui ont été communiquées sont incomplètes ou erronées. L'INERIS ne peut être tenu pour responsable des décisions prises en application de ses propositions ou des conséquences engendrées par le non-respect ou l'interprétation erronée de ses recommandations. "

Ces précautions sémantiques contrastent fortement avec les propos rassurants contenus dans ce rapport. L'ART et l'INERIS ne pourront durablement s'abriter derrière des scientifiques bienveillants à l'égard des opérateurs de téléphonie mobile. Nul ne pourra, dans l'avenir se réfugier derrière une prétendue irresponsabilité au prétexte d'un manque d'informations. L'acharnement avec lequel le Ministère de la Santé s'entête à ne pas vouloir lancer une enquête sanitaire le rend responsable de fait de cette situation et des éventuelles conséquences sanitaires !

L'étude de l'ART est accessible sur le site de l'art : http://www.art-telecom.fr/publications/etudes/et-ineris-dec02.zip

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