Antennes relais : la Ville menace les opérateurs
par Delphine Chayet
Le Figaro - 15 janvier 2003


TELEPHONIE MOBILE Les négociations pour l'élaboration de la charte de bonne conduite sur les installations sont pour l'instant au point mort

La mairie se dit désormais "résolue à clore le dossier". Aussi les négociations autour de la charte de bonne conduite relative à l'installation des antennes relais de téléphonie mobile sont-elles entrées dans leur dernière ligne droite. La prochaine rencontre entre les services municipaux et les opérateurs, prévue en février, devra voir aboutir ce texte contractuel discuté depuis septembre dernier. "Il n'est plus question de jouer la montre, prévient Yves Contassot, adjoint au maire (Verts) chargé de l'environnement. Si les opérateurs ne reviennent pas sur leurs positions, la Ville prendra ses responsabilités." La mairie pourrait, par exemple, ne pas renouveler les conventions d'occupation du domaine public, régissant 187 antennes implantées sur les toits de la Ville -sur les 1300 stations parisiennes au total. La reconduction de ces trois contrats échus depuis maintenant six mois, a été suspendue à la signature de la charte.

Les associations de défense des riverains ont choisis ce moment clé pour rappeler, hier, leur intention de peser dans les discussions finales. Loin de faiblir, la mobilisation des habitants s'étend chaque mois à de nouveaux arrondissements, indique Etienne Cendrier, responsable de l'association Priartem (pour une réglementation des implantations d'antennes relais de téléphonie mobile). Les opérateurs doivent en avoir pleinement conscience s'ils envisagent de claquer la porte des négociations en se faisant passer pour des victimes." Façon d'appuyer la démarche de la Ville, un voeu adopté à l'unanimité au Conseil de Paris en décembre dernier met par ailleurs l'accent sur le désir de transparence des élus.

La pression se fait donc plus pesante sur les opérateurs, priés d'infléchir leurs positions. Leur copie, rendue le 5 octobre dernier, réfute toujours l'article II du projet municipal consacré à "l'application du principe de précaution". Ce texte prévoit notamment des seuils d'exposition du public aux champs électromagnétiques "sensiblement inférieurs" à la réglementation nationale. "Notre approche est résolument pragmatique, souligne un charge de mission à la mairie. Il ne s'agit en aucun cas de déroger au décret du 3 mai 2002, mais de parvenir à une exposition des habitants qui soit la plus faible possible."

Or, tout en refusant encore de parler de "blocage", le cabinet d'Yves Contassot, déplore sur ce point une certaine "mauvaise volonté"des opérateurs. "Techniquement, c'est tout à fait réalisable puisque les chiffres avancés par la Ville sont au-dessus de ce que les experts relèvent aujourd'hui dans la capitale", souligne-t-on. Les campagnes de mesure réalisées ces dernières années n'ont mis en évidence qu'une dizaine de situations contrevenant à ces valeurs maximales.

"En fait, les opérateurs ont peur de s'enfermer dans un texte symbolique dont pourraient s'inspirer d'autres communes, soucieuses de rassurer les riverains", avance un responsable de l'association Agir pour l'Environnement. la capitale, dotée d'un réseau le plus dense de France, pourrait faire figure d'exception, répondent en substance les services de la Ville.

Les opérateurs considèrent pour leur part avoir fait " de nombreux efforts" et insistent sur les avancées en matière de transparence et d'information du public". Il faut dire que l'article III du projet initial est peut être celui qui intéresse au premier chef les Parisiens. Il insiste sur la nécessité "d'informer les habitants concernés par ces installations afin qu'ils en aient une connaissance préalable et objective".

 

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