Téléphone/charte sur les antennes relais à Paris : les négociations piétinent
AFP - 14 janvier 2003


PARIS, 14 janv (AFP) - Les négociations entre la Mairie de Paris et les trois opérateurs de téléphonie mobile sur les antennes relais dans la capitale sont dans l'impasse, selon les écologistes de Priartem et d'Agir pour l'Environnement, qui tenaient mardi une conférence de presse.

La mairie de Paris évoque pour sa part la "rigidité" des opérateurs, qui refusent la plupart de ses propositions sur la concertation du public et les seuils maximum d'exposition des habitants.

"Les opérateurs ont très peur de la transparence, alors que c'est justement l'absence de transparence qui nourrit l'inquiétude du public", a regretté un responsable du dossier à la Mairie interrogé par l'AFP.

La Mairie de Paris a lancé le travail d'élaboration de cette charte de bonne conduite en juin 2002, en liant clairement le renouvellement des conventions qui autorisent les antennes sur les batiments municipaux à la réussite de cette charte, rappelle ce responsable. 10% des quelque

1.300 antennes parisiennes sont installées sur des bâtiments de la ville en des endroits stratégiques pour la couverture mobile. Si on ajoute les batiments institutionnels (HLM, institutions publiques), près de la moitié du parc est public. "Or à ce jour, les autorités locales sont totalement exclues du processus d'implantation des antennes", souligne ce responsable.

La charte envisagée par la Mairie propose de créer une commission associant les opérateurs, la mairie et les institutionnels pour faire le point sur le réseau. Des commissions de concertation locales associeraient les habitants et les associations à l'implantation des antennes.

Les opérateurs s'opposent catégoriquement à la participation des associations, selon Stephen Kerckhove, d'Agir pour l'environnement.

La Mairie souhaite également inscrire dans la charte un objectif d'exposition maximum pour les Parisiens, de 2 ou 3 volts, ce que les opérateurs refusent.

"Les mesures réalisées sur 250 antennes à Paris montrent que l'exposition est inférieure à 1,8 volts, sauf pour une dizaine de cas. Le maximum est de 7 volts," souligne la mairie, qui "ne comprend pas le dogmatisme des opérateurs".

Ces derniers s'en tiennent au décrêt du 3 mai 2002, un des derniers du gouvernement Jospin, qui prévoit un seuil d'émission (et non d'exposition) de 41 et 58 v/m selon les fréquences et leur enjoint simplement de "s'astreindre à émettre le plus faiblement possible" à proximité des zones sensibles (écoles, crèches, hopitaux...).

Une nouvelle réunion entre opérateurs et municipalité est prévue début février.

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