Reuters - 30 mai 07
Lancement controversé d'un mobile GPS pour enfants


PARIS (Reuters) - Deux organisations écologiques demandent l'interdiction en France d'un boîtier portatif GPS pour enfant dont la commercialisation est prévue jeudi, en raison de risques, selon elles, pour la santé des petits.

Kiditel, de la taille d'un téléphone portable s'adresse aux enfants de moins de dix ans. Ce boîtier, destiné à rester au fond du cartable, sera lancé par Car Telematics, leader en France dans la géolocalisation des flottes automobiles.

Le boîtier permet à l'enfant de recevoir les appels téléphoniques de ses parents qui peuvent localiser sa position géographique ou consulter l'historique de ses déplacements.

Mais pour "Agir pour l'environnement" et Priartém, ce "portable" est lancé sur le marché "sans aucune précaution d'ordre sanitaire" et présente "un danger" car il expose les enfants à des rayonnements.

Les deux organisations demandent à l'entreprise "à titre amiable" dans un premier temps d'annoncer "une suspension immédiate" de la commercialisation de Kiditel. "A défaut de réactions sous huitaine, les associations se réservent le droit d'engager toutes procédures pour obtenir l'arrêt sine die de la vente de Kiditel", lit-on dans leur communiqué conjoint.

"On croit en notre produit. On le sortira quoi qu'il arrive", a dit Audrey Hadjeje qui a fait valoir les "emplois du temps chargés des parents, des enfants de plus en plus livrés à eux-mêmes qui rentrent seuls de l'école et des faits divers de plus en plus inquiétants".

Agir pour l'Environnement et Priartém rappellent "une tentative avortée", il y a un an et demi, d'un boîtier portable le BabyMo pour les 4 à 8 ans et soulignent que Nicolas Sarkozy s'est engagé le 3 avril, lors de sa campagne présidentielle, à "s'oppose(r) très fermement au souhait de voir se développer des appareils du type BabyMo".

Elles demandent à être reçues "de toute urgence" par la nouvelle ministre de la Santé Roselyne Bachelot et exhortent les candidats aux législativesà s'engager sur une loi.

Les deux organisations disent s'appuyer notamment sur un rapport de scientifiques brésiliens de l'Université de Porto Alegre qui montre que "les cerveaux des enfants absorbent 60% de rayonnement électromagnétique de plus que ceux des adultes".

Aucune étude d'impact sanitaire préalable n'a été effectuée avant le développement des réseaux de téléphonie mobile ni enquête épidémiologique. Mais des scientifiques n'excluent pas l'existence d'un risque de tumeur du cerveau au-delà de dix ans d'utilisation du téléphone portable.

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