Agir pour l'Environnement - Priartém

Lettre ouverte du 26 janvier 2005

A quand une réglementation encadrant
le développement de la téléphonie mobile ?


Madame la Députée, Monsieur le Député,
Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,

Agir pour l’Environnement et Priartém viennent d’obtenir de la société Carrefour le retrait de la vente d’un téléphone portable explicitement destiné aux enfants âgés de 4 à 10 ans. Malgré l’accumulation de preuves scientifiques qui devraient entraîner une application immédiate du principe de précaution, la France persiste à laisser un vide juridique qui permet ce type de commercialisation inacceptable.

Tout récemment, le Professeur William Stewart, directeur du National Radiological Protection Board (NRPB), a remis au Gouvernement britannique une enquête préconisant, au regard des études récentes, la plus extrême prudence vis-à-vis de l’utilisation du portable par les publics sensibles dont les enfants font partie.

Dans de nouvelles recommandations rendues publiques par le NRPB, le Professeur Stewart affirme que la preuve d’effets potentiellement nocifs était devenue plus convaincante ces cinq dernières années. Il s’appuie notamment sur quatre études récentes : une étude menée par l’Institut de médecine environnementale suédois dans le cadre du programme de l’OMS qui montre, au-delà de dix ans d’utilisation, une multiplication par quatre du neurinome de l’acoustique (tumeur du nerf auditif) ; une étude hollandaise (TNO), réalisée à la demande du gouvernement hollandais, qui met notamment en évidence des modifications de la fonction cognitive ; une étude allemande qui a observé un accroissement des cancers autour des stations de base ; enfin les résultats du programma européen REFLEX qui a révélé les dommages aux cellules causés par les champs électromagnétiques de la téléphonie mobile.

Nous ne pouvons accepter plus longtemps le laxisme réglementaire et législatif français qui permet à un opérateur de téléphonie mobile d’installer une antenne relais à moins de trois mètres d’une classe d’école ou vendre un portable à des bébés de 4 ans. Pour protéger la santé de nos enfants, nous vous demandons donc d’agir rapidement en légiférant afin d’encadrer la téléphonie mobile. Avec plus de 40 millions d’utilisateurs de mobile et 40.000 antennes relais, il est inconcevable que les autorités publiques de ce pays ne prennent pas la mesure du risque encouru.

Comptant sur votre célérité et dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.

Janine LE CALVEZ, Présidente de Priartem
Stéphen KERCKHOVE, Coordinateur d’Agir pour l’Environnement

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