www.01net.com - 11 mars 2004
Paris prêt à raccrocher au nez de l'UMTS


Premier test pour la charte sur les antennes-relais signée par les élus de la Capitale. Pour passer à la 3G, les opérateurs doivent déployer de nouveaux sites, mais devront faire face à des mairies d'arrondissement qui demandent des comptes.
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Longtemps promise, déjà bien en retard, la téléphonie mobile de troisième génération va commencer à montrer le bout de son nez au cours des prochains mois dans les grandes agglomérations françaises. Mais l'accueil pourrait être glacial. A Paris comme dans de nombreuses villes de provinces, les riverains inquiets des rayonnements liés aux équipements de communication muliplient les opérations de blocage, s'opposant sur le terrain à l'installation de nouvelles antennes.

Dans la Capitale, l'opposition prend aussi une forme administrative. Les associations de défense de l'environnement font ainsi pression sur les mairies d'arrondissement pour accentuer la surveillance des opérateurs. Jusqu'à empêcher, dans certains cas, l'installation de nouvelles stations.

La ville se veut pourtant un modèle de concertation dans l'Hexagone. Le 20 mars 2003, elle signait un accord avec SFR, Orange et Bouygues Telecom créant une Charte de bonne conduite . Celle-ci devait garantir une bonne information sur les implantations d'antennes, réduire les nuisances visuelles et éviter que les Parisiens soient soumis à des niveaux d'exposition trop élevés. La limite a été fixée à 2 volts par mètre (V/m) en moyenne sur 24 heures.

Un an après, les signataires de la Charte s'en disent satisfaits. La concertation entre citoyens et opérateurs, quasi inexistante auparavant, commence à se mettre en place. Les limites des niveaux d'exposition sont globalement respectées, comme le montre un premier lot de mesures réalisées à Paris et présentées lors d'une récente réunion de concertation entre habitants et opérateurs.

Sur 1052 évaluations réalisées, 976 d'entre elles, soit 93 % des mesures, étaient inférieures à 0,5 V/m. Seules 19 étaient supérieures à 1 V/m, le seuil que les associations voudraient voir imposer aux opérateurs.

Tout est pourtant loin d'être parfait. Le maximum fixé par la charte parisienne, un taux d'exposition moyen de 2 V/m sur 24 heures, a ainsi été dépassé en deux endroits, dont un relais Orange dans le XII e arrondissement. Ces dérapages auraient toutefois été immédiatement corrigés.

Prolifération d'antennes UMTS

Mais il ne s'agit ici que du GSM. Le principal problème a pour nom UMTS. Utilisant une fréquence plus élevée, cette technologie présente, pour les associations, l'avantage d'être moins dangereuses pour la santé et le désavantage de nécessiter un réseau d'antennes plus important que le réseau existant.

D'où une multiplication des demandes de déploiement. Dans le XIV e arrondissement, Orange compte ajouter 4 ou 5 relais à ses 16 antennes actuelles. Dans le XVIII e arrondissement, c'est une vingtaine de dossiers, tous opérateurs confondus, qui sont en cours de traitement.

Selon Yves Cochet, député de Paris et auteur d'un projet de loi sur les antennes-relais, au moins quatre mairies d'arrondissement sont réticentes à la mise en service de l'UMTS : celles du XII e , du XIVe, du XVIII e et du XX e , qui emploient des mots comme « opposition » ou « moratoire » .

Quant aux autres mairies, elles doivent encore s'exprimer. Les reproches sont partout équivalents : « On ne connaît pas la procédure de mesure », explique Marie Larnaudie à la mairie du XII e , « Sur l'UMTS, il y a un vrai déficit d'informations », poursuit Olivier Raynal, élu de la mairie du XVIII e ...

En théorie, ces doutes pourraient être balayés d'un revers de main par les opérateurs. La Charte n'est pas un document juridiquement contraignant pouvant empêcher un SFR ou un Orange et un bailleur privé de passer un accord pour installer des antennes sur le toit de ce dernier.

Mais, en pratique, passer outre à l'avis des habitants et des pouvoirs publics locaux pourrait se révéler un exercice difficile. « Un opérateur a le droit de mettre des antennes à peu près où il veut, même malgré mon opposition, mais dans ce cas je ne vais pas lui donner facilement les autorisations pour installer ses grues », explique-t-on ainsi dans une mairie d'arrondissement.

Pas question pour autant, du côté des élus locaux, de vouloir empêcher le déploiement de la téléphonie mobile dans la Capitale, jugée indispensable à son développement. Mais pas question non plus de laisser la voie libre aux opérateurs, lors des réunions devant la commission centrale de conciliation de la Mairie de Paris.

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