AFP - 22 janvier 2004

Un "livre blanc" publié par les opposants aux antennes de téléphonie mobile


Deux associations écologistes ont rendu public jeudi un "livre blanc des incidences de la téléphonie mobile sur la santé", qui justifie selon elles une réglementation plus contraignante des antennes relais. Les associations Agir pour l'environnement et Priartem (Pour une réglementation des implantations d'antennes relais de téléphonie mobile) militent pour un abaissement à 0,6 volt/mètre du seuil d'émission des antennes, fixé par décret entre 41 et 58 v/m, et pour une distance minimum de 300 mètres autour des écoles, crèches, hôpitaux et maisons de retraite. Ces associations rendent public un rapport de quatre scientifiques, édité en janvier sous le titre "Votre GSM, votre santé, on vous ment: livre blanc des incidences de la téléphonie mobile sur la santé". Richard Gautier, Pierre Le Ruz, Daniel Oberhausen et Roger Santini, qui animent sur internet un Comité scientifique sur les champs électromagnétiques, y critiquent les rapports officiels qui concluent à l'innocuité de la téléphonie mobile. Ils mettent en avant d'autres études, dont plusieurs conduites par Roger Santini auprès de riverains d'antennes, prouvant selon eux "la nocivité des téléphones portables et des antennes relais dans le cadre de la réglementation actuelle". Richard Gautier cite notamment une étude néerlandaise, qui conclut à une "diminution du bien-être", ainsi qu'à des modifications de la mémorisation et de l'attention visuelle sous l'effet des ondes de téléphonie UMTS (nouvelle génération de téléphonie mobile). Dans cette étude menée en 2003 par TNO (Netherland organisation for applied scientific research), deux groupes de 36 personnes ont été soumises "en aveugle" à des ondes électromagnétiques de 0,7 volt à 1 volt pendant 45 minutes. Les auteurs jugent toutefois nécessaire que leurs résultats soient confirmés par d'autres études. Pour M. Gautier, "il est clair que les ondes pulsées de la téléphonie mobile ont un effet sur le cerveau, entraînant des maux de tête, des troubles du sommeil et du comportement, une diminution des capacités intellectuelles". L'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE), saisie par le gouvernement, a conclu en avril 2003 à l'absence de conséquence sanitaire identifiée. Toutefois, compte tenu des effets biologiques des téléphones portables sur le cerveau, elle recommande l'usage d'oreillettes et une utilisation modérée des portables.



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