Echec de la concertation chasseurs-écologistes
AFP - 19 décembre 2001


PARIS, 19 dec (AFP) - La concertation chasseurs-écologistes organisée sous la présidence du ministre de l'Environnement, Yves Cochet, mercredi après-midi n'a duré qu'un quart d'heure, la délégation des chasseurs sortant après quinze minutes de la salle, a constaté l'AFP.

Elle visait à discuter d'un nouveau dispositif réglementaire sur la chasse aux oiseaux migrateurs, un point de contestation depuis vingt ans entre porteurs de fusils et protecteurs de la nature.

Le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Charles-Henri de Ponchalon, a expliqué aux journalistes qu'il n'y avait "rien à discuter" et que "les propositions du gouvernement étaient inapplicables".

De son côté le vice-président de la FNC, Henri Sabarot, a dit que "tout était couru d'avance" et qu'"il n'y avait aucune volonté de dialogue du gouvernement". Il a précisé que la délégation avait remis à M. Cochet, avant de sortir, des contre-propositions "étayées par des études scientifiques".

Le chef de la délégation des écologistes, Pierre Athanaze, a regretté que les chasseurs aient "une nouvelle fois refusé le dialogue". "Ils cherchent la crise pour faire des voix aux élections pour le parti qu'ils ont créé, CPNT (Chasse, pêche, nature, tradition)", a-t-il accusé.

"Ce sont des gens irresponsables", a accusé pour sa part le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg.

La table-ronde devait discuter de deux projets de décrets et sept projets d'arrêtés ministériels modifiant les conditions de la chasse aux oiseaux migrateurs, un débat qui oppose depuis vingt ans les porteurs de fusils aux protecteurs de la nature.

La concertation avortée de mercredi entre chasseurs et écologistes portait sur un nouveau dispositif réglementaire prévoyant une période générale de chasse aux migrateurs du 1er septembre au 31 janvier avec des dérogations jusqu'au 10 août pour l'ouverture et jusqu'au 20 février pour la fermeture.

Les chasseurs sont particulièrement mécontents des quotas de chasse introduits pour les périodes dérogatoires qui n'existaient pas jusqu'à maintenant.

Le dispositif du gouvernement anticipe une annulation attendue vers le 25 janvier par le Conseil d'Etat du décret actuellement en vigueur fixant la chasse aux migrateurs qui avait été pris le 1er août 2000.

 

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