40 morts de la chasse en 1998-1999
" Libération " révèle la seconde enquête de l'Office national de la chasse.
Libération - 8 juin 1999

La chasse a tué 40 personnes pendant la saison 1998-1999. Et en a blessé 259 autres. Révélée par Libération, la seconde enquête annuelle sur les accidents de la chasse, réalisée par l'Office national de la chasse (ONC), confirme la relative dangerosité de ce " sport ", pratiqué par 1,4 million de Français. " Il y a cinq morts de moins que l'année dernière, mais le nombre d'accidents recensés est en hausse ", expliquait-on hier à l'ONC, où on avait décidé de laisser aux fédérations de chasseurs le soin de divulguer ces chiffres après les européennes. Manière de ne pas apporter quelques voix de plus dans la gibecière des écolos. Cette saison, contrairement à la précédente, deux non-chasseurs sont morts : un homme qui ramassait des truffes a été tué dans le Vaucluse à la suite d'une " erreur d'identification " commise par un tireur qui l'avait pris pour un animal. Dans le Gard, c'est une lunette de carabine mal réglée qui a provoqué la mort d'un automobiliste. " 78% des promeneurs touchés l'ont été à la suite d'une infraction aux lois et aux règlements. Dans la plupart de ces cas, les chasseurs ont tirés en direction d'une maison ou d'une route, ce qui est interdit ", affirme Eric Lebec, de l'ONC. Le portrait-robot du spécialiste des balles perdues est celui d'un homme de plus de 50 ans qui chasse sur son territoire habituel lors d'une battue de sanglier. " Il y a donc moins d'accidents parmi les jeunes, car ils sont titulaires d'un permis. Il faut améliorer la formation ", réagissait hier Pierre Daillant, le président de l'Union nationale des chasseurs.

Du côté des gardes-chasse, on dénonce le manque de sanctions et le laxisme du permis de chasse, dont l'examen pratique n'est pas éliminatoire. " Il n'y aura pas de changement tant qu'on en restera à inciter les chasseurs à mettre des casquettes et des gilets fluo. Aujourd'hui, on donne le permis même à ceux qui se tirent dans les pieds ", explique Laurent Faure du Syndicat national de l'Environnement (DNE-CFDT).

Mathieu Ecoiffier

 

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