Que font les ONG à La Haye ?
La Feuille de la Haye n°1 - 22 novembre 2000

Journée type d'un observateur

Entre 6h00 et 7h00, l'observateur ONG se réveille déjà endormis. Le petit déjeuner est une étape fondamentale de la journée c'est le seul moment ou ils voient le jour et ou ils prennent quelques minutes de nonchalance engourdis par la douce lenteur du matin. L'air frais qui sépare leur lit de leur centre des conférences, donne un petit coup de fouet a l'adrénaline qui monte brusquement .

Suivant qu'ils appartiennent a une organisation internationale ou non, il y a les réunions de coordination intra-organisationnelles, inter organisationnelles, nationales, régionales... Elles s'articulent les unes aux autres comme une horlogerie des négociations, elles rythment la circulation des informations glanées la veille et permettent l'élaboration des stratégies communes et des axes prioritaires de lobbying du jour. Voir de se satisfaire des résultats de l'influence des ONG sur les négociateur ou des articles parus dans la presse les bons et les mauvais.

Le centre des conférences de La Haye est une sorte de fourmilière déjà marquée par ses quelques décennies d'existence. On n'y voit pas le jour. Les plafonds y sont bas et les carreaux de moquette synthétiques posés sur le sol dégagent des effluves toxiques que l'air conditionné ne parvient pas à masquer. Tout est prévu dans le centre des conférences pour ne pas avoir de prétexte pour en sortir. Il y a des restaurants, des bars, des salles informatiques, des salles de méditations...

Commence ensuite la chasse à l'information. C'est la denrée la plus recherchée. Elle est extrêmement fragile et périmée très vite. Il faut être capable de la trouver vite, de la digérer, puis de réagir et d'en rendre compte.

Arrive l'heure ou l'estomac, peu soucieux des enjeux climatiques, réclame sa pitance. Pour bon nombre d'observateurs, commence alors l'autre souci majeur de la journée. Trouver le "side events" (évènement organisé en marge de la conférence).

Le repas de midi passe donc souvent par perte et profit car s'annonce la réunion du CAN (climat action network). Sont présents toutes les principaux observateurs de toute la planète.

A cette grand messe sont données des informations, décidés les axes de stratégie et élus les fossiles du jour. Le fossile du jour est le pays qui s'est le plus mal comporté dans les négociation.

Ensuite est décidé du contenu des deux journaux des ONG Eco, un en anglais, l'autre en franchis.

Le reste de l'après midi se divise en plusieurs activités, rédaction des articles d'ECO, chasse dans les couloirs, discussions informelles, échanges de vues avec les journalistes, traductions, lectures de documents stratégiques, participation à des plénières ou groupes de travail lorsqu'ils sont ouverts aux observateurs, participation ou animation d'un side event. L'après midi se termine par la rencontre avec la délégation européenne présidée par Dominique Voynet. Vient le soir, la fatigue, le découragement les articles en retards pour Eco, le constat qu'il fait nuit sans qu'ils ne se soient jamais rendu compte qu'il faisait jour.

Tout cela fini souvent à 2 ou 3 heures du matin. Et cela recommence le lendemain.

Ce n'est pas une sinécure, mais tout le monde reste très motivé.

Voila dit en quelques mots la journée d'un observateur. Je vous tiendrais au courant jour par jour de ce qui se passe dans les grandes lignes des négociations.

A demain si vous le voulez bien.

Demain : article sur les puits, fossile du jour?

Karim LAPP depuis La Haye.

 

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